Climat : « Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves » en Europe

Climat : « Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves » en Europe

06/05/2026


« notre maison brûle »•Un rapport du service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), indique que l'Europe a cumulé les situations climatiques extrêmes en 2025

L’Europe a cumulé les situations climatiques extrêmes en 2025. « Les indicateurs climatiques sont assez inquiétants », a affirmé Mauro Facchini, chef de l’unité d’observation de la Terre à la Commission européenne, au cours d’un échange avec des journalistes lundi en présentation du rapport publié par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Ce rapport qui porte sur l’année 2025 rappelle que depuis les années 1980, « l’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale ».

La situation pourrait s’aggraver encore avec le phénomène El Niño, qui engendre une hausse des températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, et dont la survenue est « probable » cette année, a observé Celeste Saulo, la Secrétaire générale de l’OMM, une agence de l’ONU, bien qu’il soit encore trop tôt pour l’affirmer avec certitude. « Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves » sur au moins 95 % du territoire européen, souligne le rapport, de la mer Méditerranée au cercle arctique.

En Turquie, la température a dépassé pour la première fois 50 °C

La région de Fennoscandie, au nord de l’Europe et composée de la Finlande, la Suède et la Norvège, a par exemple enregistré la plus longue vague de chaleur depuis que les relevés existent, avec vingt et un jours à 30 °C ou plus en juillet, deux fois plus que le précédent record.

L’Europe multiplie les records de chaleur : en Turquie la température a dépassé pour la première fois 50 °C, et en Grèce 85 % de la population a été affectée par des températures proches de ou au-dessus de 40 °C. L’ouest de l’Europe a aussi été largement affecté, dès juin avec l’Espagne, le Portugal, la France et une partie du Royaume-Uni, et en août avec le Portugal, l’Espagne et la France, montre le rapport.

Le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glaces en 2025

Les glaciers ont enregistré une perte de masse nette en 2025, l’Islande ayant par exemple accusé sa deuxième fonte annuelle la plus importante de son histoire après 2005. « Selon les prévisions, les glaciers d’Europe et du monde entier devraient continuer à perdre de la masse tout au long du XXIe siècle, quel que soit le scénario d’émissions », affectant 2 milliards de personnes qui dépendent de l’eau des montagnes, affirme le rapport.

Particulièrement scruté en raison de sa vitesse de réchauffement, le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glaces l’an dernier, de quoi augmenter le niveau des mers de 4 millimètres.

Des conséquences importantes sur la biodiversité

Les océans ont aussi souffert avec un record de 86 % des régions océaniques ayant connu au moins un jour d’épisode de chaleur « forte ». Ces vagues de chaleur ont des conséquences importantes sur la biodiversité notamment sur les prairies sous-marines de la Méditerranée, qui font office de barrières marines naturelles et sont sensibles aux températures élevées.

20minutes

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