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Demet’Air, du vert sur tous les toits

20/03/2024

Demet’Air, du vert sur tous les toits

Photo : Demet’Air

En plein essor sur le territoire national, la start-up toulousaine Demet’Air commercialise un substrat léger et organique pour végétaliser les toitures. Son fondateur Brice Sendra ambitionne même de grimper à l’échelle mondiale, en exportant sa solution au-delà des frontières de l’Europe.

Lassé d’utiliser un substrat minéral « qui n’a pas évolué depuis 50 ans » et « pèse littéralement une tonne au m3 », Brice Sendra décide de prendre les choses en main. En 2019, cet ancien conducteur de travaux développe une solution innovante pour végétaliser les toitures : 25 fois plus léger et presque entièrement composé de matières organiques, son substrat autorise une large gamme de végétaux. « Les seules limites restent la capacité de portance du toit et son étanchéité », détaille le fondateur de Demet’Air.

Des capteurs mesurent la température à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment. « Cela nous dit par exemple quand le substrat doit être arrosé », explique Brice Sendra, qui poursuit sans relâche la recherche de nouvelles solutions de monitoring. À terme, ce « jumeau numérique » pourrait aller jusqu’à détecter les fuites dans le bâti avant qu’elles ne soient visibles, offrant à son créateur d’autres perspectives de marchés.

La Ville rose se met au vert

Née en région parisienne, la jeune pousse a pris racine à Toulouse depuis le printemps 2023. Elle mène depuis des projets florissants partout en France, notamment à Paris, où les collectivités encouragent la végétalisation au travers de subventions. « L’Occitanie est à la traîne », regrette Brice Sendra. Il est néanmoins sollicité par différents acteurs de la Ville rose, nombreux à vouloir se mettre au vert : entre autres Midica, qui envisage un aménagement de sa toiture, ou encore la Banque Populaire Occitane, dont la première expérimentation démarre à Cornebarrieu.

Même la municipalité toulousaine a fait appel à Demet’Air. L’entreprise a réalisé l’été dernier un mur végétalisé pour rafraîchir l’école maternelle Negreneys, dont la salle d’activité pouvait franchir les 50 degrés aux jours les plus chauds. « On a développé un système modulaire, rapide à mettre en œuvre, incrémenté avec des capteurs pour vérifier son efficacité thermique », détaille Brice Sendra. La mairie, ravie, pourrait réitérer l’opération dans d’autres établissements. Mais les murs, « environ dix fois plus chers que les toitures », resteront pour Demet’Air une activité de marge, trop coûteuse pour attirer les clients privés et se déployer à grande échelle.

la conquête du Moyen-Orient

À Riyad, du 4 au 7 mars, le salon Leap pourrait propulser Demet’Air dans une nouvelle dimension. Dans cette foire autoproclamée « plus grand événement tech mondial », l’Arabie Saoudite, qui affiche son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, fait la part belle aux « GreenTechs » [1], ces start-up innovantes en lien avec l’environnement. La petite toulousaine en fait partie. « Les Saoudiens poursuivent une réflexion globale sur le sujet de la végétalisation, avec des projets d’envergure qui portent sur des aménagements neufs. Si nous retenons leur attention, notre volume de contrats devrait exploser », constate Brice Sendra.


Brice Sendra, en plein aménagement d’un mur végétalisé

Même sans les billets verts du royaume, l’entreprise, qui n’a jamais levé de fonds, ambitionne de dépasser les 500.000 euros de chiffre d’affaires cette année. Grâce aux concours qu’elle a remportés, elle participera également à d’autres salons nationaux, tels que Change Now et Vivatech à Paris et le World Impact Summit, à Bordeaux. En parallèle, d’autres développements sont en cours, comme un partenariat avec un fabricant de panneaux solaires. « La végétation permet de maintenir la température de la cellule photovoltaïque, qui fonctionne au maximum de sa capacité à 25 degrés. On estime le gain de production à environ 8 % », détaille Brice Sendra, qui envisage également de collaborer à des travaux de réutilisation des eaux de pluie en ville.

Marie-Dominique Lacour

Notes

[1] Parfois nommées ou sous-catégorisées « ClimaTechs », « AgriTechs », « DeserTechs », etc.

touleco-green

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