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Le gardois Grap’Sud investit 10 M€ dans la décarbonation de ses activités

22/02/2024

Le gardois Grap’Sud investit 10 M€ dans la décarbonation de ses activités

Le groupe coopératif Grap’Sud nourrit un projet ambitieux de décarbonation de ses activités. Ici, Yoann Maillard, directeur général adjoint du groupe (©Grap’Sud).

Le groupe agro-industriel gardois Grap’Sud, avec l’appui de l’Agence régionale de l’énergie et du climat (Arec) et de GreenFlex, a investi notamment dans une nouvelle chaudière biomasse. Objectif : devenir autonome en énergie.

Spécialisé dans la collecte, le traitement et la valorisation des coproduits de la filière vitivinicole, le groupe agro-industriel Grap’Sud, basé à Cruviers-Lascours (Gard), poursuit le verdissement de ses activités.

L’entreprise coopérative a en effet signé à l’occasion du dernier salon Energaïa, le forum européen des énergies renouvelables qui se déroule en fin d’année à Montpellier, un contrat FITEEO. Ce dispositif dédié au financement des projets industriels et tertiaires en lien avec l’efficacité énergétique en Occitanie a été lancé il y a deux ans. Porté par l’Agence régionale de l’énergie et du climat (Arec), il est géré par GreenFlex, une société de conseil qui accompagne entreprises et collectivités dans leur transition environnementale.

À la clé pour le groupe Grap’Sud, un financement de près de 10 M€ en vue d’accompagner un projet ambitieux de décarbonation de l’ensemble de son site industriel, via le remplacement de sa chaudière existante par une chaudière biomasse.

Économies d’eau et d’énergie

À travers ce projet, l’objectif de l’agro-industriel est de devenir autonome en énergie. « Du fait de notre mission de dépollution du bassin viticole régional et de valorisation à 100% des résidus des caves viticoles en produits dits de seconde génération, nous nous devions de nous affranchir au maximum des énergies non renouvelables », affirme Yoann Maillard, directeur général adjoint du groupe Grap’Sud avant de poursuivre : « Nous disposions déjà d’une chaudière utilisant un mixte biomasse avec une dominante de gaz, qui ne couvrait pas la totalité de nos besoins. Entre temps est survenu le conflit ukrainien qui a entrainé la multiplication par trois des prix du gaz. »

Climat, baisse de la consommation, les vins du Sud-Ouest s’adaptent

Encouragé par la réflexion de certains de ces administrateurs vignerons qui l’incitaient à utiliser la matière sèche issue de ses process, le groupe a décidé de revoir sa stratégie. « Nous entendons maitriser entièrement l’utilisation de l’énergie, nous affranchir du contexte extérieur, et développer un process moins énergivore avec une capacité significative, en mesure de couvrir des besoins supplémentaires en fonction de la croissance de nos activités », assure Yoann Maillard. Et de détailler :

Cette chaudière fonctionnant à la biomasse issue de notre production nous permettra d’être autonome en énergie. Elle sera alimentée à 80% par des matières premières provenant des déchets du site permettant ainsi de réduire de plus de 30% les émissions liées aux consommations énergétiques de Grap’Sud ! ».

Dans le détail, ce projet, qui doit être opérationnel au premier trimestre 2025, permettra de diminuer les émissions de CO2 du groupe de près de 5 000 t par an soit l’équivalent de soit 650 fois le tour de tour du monde en voiture ou l’empreinte carbone de 500 français par an. En parallèle, le Gardois entend réduire sa consommation d’eau. Alors qu’il a déjà baissé de 30% sa consommation, « l’objectif est d’atteindre les 50% fin d’année 2024 et in fine de devenir là aussi autonome », ajoute le dirigeant. Le groupe a également installé un hectare de panneaux photovoltaïques sur son site de Gardovial, en Espagne, qui couvre ainsi plus de 20 % de sa consommation électrique. « Ce type de dispositif devrait se développer rapidement sur les autres sites du groupe », confirme Yoann Maillard.

53 M€ de chiffre d’affaires

Au-delà de sa démarche RSE, le groupe s’attache à revaloriser les matières issues de ses activités, ce qui a généré une progression l’an dernier de 10% de son CA qui atteint 53 M€.

Connu depuis 1960 comme une distillerie vitivinicole, Grap’Sud a, face à une baisse d’activité de la viticulture, su se diversifier et devenir, comme le souligne le dirigeant « une entreprise de dépollution de la filière viticole. Les vignerons collectent du raisin pour son jus afin d’en faire du vin. Pour tout le reste, nous collectons ces “coproduits” et nous en extrayons des molécules que nous valorisons sur d’autres marchés. En effet, à partir du marc, on peut valoriser beaucoup de matières : le jus de raisin pour fabriquer de l’alcool pour des spiritueux ou des biocarburants ou encore les pépins, pour produire l’huile vendue en grande distribution. »

La part des moûts concentrés rectifiés progresse

En charge du retraitement des marcs, des lies ou encore des vins de la filière vitivinicole, l’entreprise coopérative a donc élargi les voies de valorisation de ces matières. « Ce sont notamment les moûts concentrés rectifiés (MCR), qui servent à augmenter les degrés en viticulture ou à édulcorer des vins, à destination du marché européen et du Moyen-Orient, qui ont porté la croissance. Ils représentent près de 40% de notre CA. » S’ajoutent à cela les composés phénoliques exportés notamment aux États-Unis, mais aussi l’acide tartrique destiné au marché français et également près de 15000 tonnes d’amendements normés. Cette dernière activité devrait s’intensifier.

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Cette diversification s’étend progressivement à d’autres filières en amont avec le traitement de margines d’olives issues de la production oléicole régionale, ainsi que le traitement de déchets verts pour le compte des collectivités locales, destiné à la production d’engrais pour les 16000 adhérents (vignerons, caves coopératives) que réunit Grap’Sud – de la frontière espagnole à Saint-Tropez, mais surtout en Languedoc-Roussillon.

« Toutes les matières sont ainsi valorisées dans une logique zéro déchet, et la plupart d’entre elles sont réorientées vers nos fournisseurs dans une logique d’économie circulaire, conclut le directeur adjoint. L’objectif est d’apporter une plus-value à nos adhérents. Aujourd’hui, nous leur rétribuons près de 3 M€ pour des services indirects ». Le groupe ambitionne d’ici à l’horizon 2030 de poursuivre ses efforts dans une logique vertueuse et de continuer à investir dans ce sens.

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