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Quelles sont les solutions alternatives aux pesticides évoquées par l'Anses (et leurs limites) ?

13/10/2020

Quelles sont les solutions alternatives aux pesticides évoquées par l'Anses (et leurs limites) ?

L'Anses évoque plusieurs solutions au désherbage chimique.                  © @flickr chafer machinery

Dans son évaluation publiée le 9 octobre sur l'utilisation du glyphosate en France, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) fait le point sur les alternatives non chimiques actuellement disponibles pour sortir des pesticides. L'Usine Nouvelle les a passées en revue.

Par quoi remplacer le glyphosate ? C'est à cette délicate question que l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) tente de répondre dans son évaluation, publiée le 9 octobre 2020. Elle y fait le point sur les alternatives non chimiques actuellement disponibles pour les agriculteurs et sur les conséquences économiques de leur généralisation.

Le désherbage mécanique privilégié dans les vignes et l'arboriculture

Parmi les solutions évoquées : le désherbage mécanique. Cette alternative consiste à passer dans et sur les rangs des outils agricoles comme des bineuses, des herses ou des houe rotatives pour enlever les mauvaises herbes des champs. Comme le souligne l'Anses, dans les vignes et l'arboriculture, ces solutions sont déjà utilisées notamment dans l'inter-rang. Dans les rangs au contraire, le désherbage mécanique reste plus marginal. En cause ? Son efficacité. 5 à 25% des mauvaises herbes restent non contrôlées, explique l'agence.

Outre les freins techniques liés à la nature des sols (en pente, caillouteuse), la généralisation de cette solution est toutefois conditionnée à la capacité de production des agro-équipementiers. Or comme le révélait une étude exclusive publiée dans l'Usine Nouvelle en juillet 2020, ces derniers ont besoin de cinq ans pour équiper les 50 000 fermes des secteurs arboricole et viticoles.

Autre limite, le coût de cette technique. Pour un désherbage entièrement mécanique dans les vignes, l'Anses estime un surcoût compris entre 210 et 408 euros par hectare selon le type de vignes. Cette somme s'explique à la fois par les investissements nécessaires pour l'acquisition des machines mais également par les surcoûts entrainés par le besoin supplémentaire de main d'oeuvre. 

Le retour de l'agronomie

Dans les grandes cultures, le retour de l'agronomie se traduit par l'introduction de jachères sur certaines parcelles, la réalisation de faux-semis pendant l'interculture, le décalage des dates de semi ou l'augmentation de la fréquence des labours. 

Dans les vignes et la culture d'arbres fruitiers, l'alternative la plus utilisées est l'enherbement des inter-rangs. Selon un rapport de l'Inrae publié en 2020, 95% des surfaces arboricoles étudiées sont, en effet, déjà enherbées dans l'inter-rang. 

Ces solutions, considérées comme efficaces selon la nature des sols, ont toutefois également un surcoût. Dans les grandes cultures, l'Anses l'estime en moyenne à 80 euros par hectare pour les surfaces qui sont actuellement en semi directs. A cela s'ajoute des frais liés "à la phase de transition d’une pratique à une autre, intégrant l’apprentissage et la réorganisation des activités et les erreurs liées à un manque d’expérience avec la nouvelle pratique" explique l'agence. 

Une solution combinatoire

Pour l'Anses toutefois, le remède pour se passer du fameux pesticide ne viendra pas d'une solution unique mais de la combinaison d'un ensemble d'alternatives: "La combinaison des méthodes identifiées, mécaniques et culturales pourrait permettre à moyen terme de développer de nouvelles stratégies permettant de réduire les adventices, notamment dans le cadre de l’agriculture de conservation", explique-t-elle.

Pour les vignes, l'Anses estime que la substitution du glyphosate est ainsi possible dans près de 90% des cas. "En dehors des rares situations d’impasses techniques, des alternatives non chimiques existent pour la gestion des adventices dans l’inter-rang. Dans la mesure où cette pratique peut être considérée comme d’usage courant et ne présentant pas d’inconvénient pratique majeur en viticulture, la substitution du glyphosate par des alternatives non chimiques est possible entre les rangs de vigne" conclut l'Anses.

Du côté de l'arboriculture, l'Anses distingue les traitements inter-rangs et dans les rangs. Pour les premiers, elles estiment que les solutions alternatives sont suffisantes pour remplacer le glyphosate. Pour les secondes, elles considèrent que "les alternatives non chimiques d’usage courant (gestion de l’enherbement par tonte / désherbage mécanique) présentent des inconvénients pratiques et économiques majeurs, identifiés pour les autres cultures" et recommandent ainsi une restriction des conditions d’emploi plutôt que sa substitution. 

Enfin, pour les grandes cultures, la substitution ne peut être totale dans la mesure où "des inconvénients pratiques majeurs sont identifiées, notamment dans le cas de culture de printemps installée après un labour d’été ou début d’automne sur sols hydromorphes" précise l'agence. Elle demande toutefois la réduction de la dose maximale d’application. 

www.usinenouvelle.com

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