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Port de Caen : "une première mondiale" pour produire de l'essence verte !

14/05/2022

Port de Caen : "une première mondiale" pour produire de l'essence verte !

Le projet TH2 serait installé sur le canal de Caen à la mer sur une friche industrielle. ©Esquisse de l'usine TH2 mars 2022 Cabinet d'architecture Architrav

« L’idée, c’est une valorisation plus moderne et plus innovante des déchets de bois pour en faire du carburant. » 

Depuis quatre ans, Vincent Calleja est le porteur du projet TH2 qui doit s’implanter à Blainville-sur-Orne sur le port de Caen (Calvados). Le directeur du groupe Tertu, entreprise de l’Orne (1er fabricant mondial de glissières de sécurité mixtes bois-métal), prospecte pour produire de l’hydrogène à partir de bois de rebut. « Sauf que l’hydrogène, c’est l’énergie d’après demain. Donc il a fallu trouver quelque chose à faire de l’hydrogène pour en faire demain du bioéthanol. » 

C’est une 1re mondiale, mais on n’a rien inventé. Ce sont des technologies qui existent qui ont été assemblées entre elles.

110 000 tonnes de bois par an

L’ambition de TH2 n’est pas mince. Elle vise à sortir chaque jour 80 000 litres de bioéthanol. La matière première est pratiquement à portée de main. Par an, ce sont 110 000 tonnes de bois provenant de déchetteries, des vieilles palettes, bois de construction qui seront prélevés essentiellement « sur l’axe de la Seine entre Gennevilliers et Le Havre et acheminés à 70% par voie maritime et fluviale. »

La destination finale, c’est le port de commerce de Caen le long du canal qui mène à la mer. Sur 10 ha, à côté de l’usine Renault Trucks, sept hectares et demi seront consacrés au site de production au sein « d’une zone humide et arborée ».

160 millions d’€ investis

L’investissement financier est colossal, la somme de 160 millions d’€ est avancée avec à terme « 65 emplois directs et 160 indirects. »

Actuellement, il s’agit pour Vincent Calleja, de « finaliser toutes les études ». Le permis de construire devrait être déposé en juin 2022. Site ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement), « mais pas Seveso, il y aura un an d’instruction avec une enquête publique sûrement fin 2022 ».

Dans le calendrier idéal, la pose de la première pierre est envisagée à l’été 2023 pour deux ans de travaux avant une mise en service en septembre 2026.

Association et mairie prudentes

Régissant à ce projet, l’association locale Bénouville Environnement évoque « un réel intérêt de valorisation de bois usagers pour du bio carburant. » Mais elle questionne sur l’aspect environnemental et humain et appelle les habitants lors de la prochaine enquête publique « à s’exprimer. »

Le maire de Blainville-sur-Orne parle lui « d’un projet que je regarde avec intérêt. C’est la vocation du port de Blainville et c’est l’intérêt de la commune.  » Mais, « il ne faut pas faire n’importe quoi », prévient Lionel Marie.

J’ai besoin de sécurité sur le projet : humaine et environnementale.   Lionel Marie, maire de Blainville

« Je n’ai pas encore l’étude de risques et d’impact », poursuit M. Marie qui ajoute : « j’ai des maisons à 300 m du site. » 

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