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Le plastique souple compostable comme solution pour les emballages ?

24/11/2020

Le plastique souple compostable comme solution pour les emballages ?

Emballage plastique souple compostable Fashion TIPA

Les emballages plastiques sont un véritable casse-tête environnemental. Plusieurs alternatives au plastique dit traditionnel arrivent à maturité. Comme celle du plastique souple compostable, qui est en plein essor sur ce marché.

Recyclables, biosourcés, biodégradables, compostables… Il existe aujourd’hui de nombreuses innovations sur le marché du plastique et des emballages. Avec des bénéfices parfois très différents selon la fabrication des matériaux ou leur fin de vie. Si cela entretient nécessairement une confusion, il apparaît de plus en plus évident que la bonne solution pour préserver l’environnement serait finalement d’aller vers une complémentarité de solutions. Et s’ils ne doivent pas faire oublier que la réduction à la source et l’écoconception doivent rester une priorité, les nouveaux emballages plastiques compostables ont de quoi séduire. Ils s’inscrivent d’ailleurs pleinement dans la perspective du tri à la source des biodéchets prévu pour fin 2023.

On fait le point avec Jean-Pierre Rakoutz, Directeur du développement chez TIPA, start up israélienne qui fournit des solutions d’emballages souples entièrement compostables. Et qui, après avoir levé 25 millions de dollars il y a un an, se pose donc en solution complémentaire aux filières existantes.

Les Horizons : Pouvez-vous nous présenter TIPA ?

Jean-Pierre Rakoutz : TIPA est une start up créée en 2010 par Daphna Nissenbaum, et dont la vision est de proposer une alternative aux emballages plastiques qui n’ont pas la capacité d’être recyclés. Et qui ont donc une fin de vie qui n’est pas vertueuse, avec une destruction par incinération ou mise en décharge. 

Daphna a travaillé les 5 premières années sur la R&D afin de garder toutes les “bonnes propriétés” du film pratique tel qu’on le connaît. Comme la transparence, la souplesse, la légèreté, le contact alimentaire. L’idée c’est de garder tous ces avantages mais de s’affranchir de deux problèmes majeurs du plastique : sa capacité à rester en l’état pendant des centaines d’années, et sa difficulté à être réutilisé dans de bonnes conditions pour une application identique. Notamment pour le plastique souple. TIPA propose donc un emballage souple entièrement compostable.

Par compostable vous entendez biodégradable ?

Exactement, la compostabilité est une des conditions de biodégradation. A ceci près que le compostable se biodégrade dans une échelle de temps qui est beaucoup plus courte que pour de nombreuses autres matières simplement biodégradables. Les conditions de compostage sont liées à 3 facteurs : un niveau de chaleur, un niveau d’humidité et la présence de micro-organismes. Il y a alors une réaction de la matière et une transformation de cette matière. Le compostage est la transformation totale de la matière en une autre matière. Les polymères utilisés vont se dégrader pour produire en fin de processus 3 nouveaux composants, que sont l’eau, du CO2, et de la matière organique ou biomasse.

Le fait de pouvoir jeter son emballage n’importe où ne va-t-il pas à l’encontre des changements impératifs de comportements vis-à-vis de nos déchets, en particulier plastiques ?

Il y a évidemment des dérives contre lesquelles il faut mettre en garde les consommateurs. Un emballage compostable ne donne pas blanc seing à un abandon dans la nature. On se base aussi sur le bon geste citoyen. En aucun cas la place d’un emballage en fin de vie est dans la nature. La fin de vie d’un emballage doit répondre à une filière.

Ne peut-on pas simplement se passer des emballages ?

Il ne faut pas oublier le rôle essentiel de protection et de conservation de l’emballage. Même si on réduit au maximum la taille ou les suremballages, on a besoin des emballages. Il faut cependant définir le juste emballage. Et l’instauration d’une filière de traitement de fin de vie des emballages est donc essentielle. L’orientation de la fin de vie des emballages compostables est la filière des biodéchets. On s’appuie sur cette filière car les emballages TIPA se jettent dans la poubelle bio déchets avec les déchets organiques et non pas dans la poubelle dédiée au plastique.

        "Il faut voir le passage à l’emballage compostable comme un nouveau positionnement pour l’entreprise, comme un investissement global."

C’est donc le même processus de dégradation que les déchets organiques ?

Oui, la gestion de la fin de vie des emballages compostables est la même que pour la matière organique. Une peau d’orange et un emballage compostable TIPA vont se dégrader de la même manière. C’est le même traitement de fin de vie. Et résolument low-tech puisque naturel. On est loin des process classiques de recyclage du plastique, qui amènent à une massification des flux à traiter vers des grandes unités dédiées. TIPA associe une dimension low tech car il s’agit d’un processus de compostage normal, celui que vous avez au fond du jardin par exemple, et une dimension locale car il n’y a pas de création de nouveaux flux de recyclage.

Le compostable va-t-il à terme remplacer le recyclable ?

TIPA est une solution complémentaire à la solution unique actuelle, celle du tout recyclage. Il serait illusoire de penser que le seul recyclage permettra d’apporter l’ensemble des réponses à une situation très complexe. Il faut des briques complémentaires pour certaines utilisations.

De quoi est composé cet emballage ?

Il y a évidemment une partie brevet qui protège la technologie. C’est un mélange de polymères compostables et biodégradables. Il faut avoir en tête que l’origine de la matière ne prédit pas son comportement en fin de vie. De façon contre-intuitive, un plastique peut être totalement d’origine végétale, bio sourcé, mais ne pas être du tout bio dégradable. C’est le cas d’un certain nombre de bioplastiques. Par exemple, un plastique bio PET qui n’utilise pas de polymères d’origine fossile mais des polymères d’origine végétale, ne sera pas du tout bio dégradable. Les chaînes carbonées ne vont pas se dégrader seules et ce plastique sera aussi compliqué à dégrader que ses homologues issus du fossile.

Notre focus n’est pas tellement l’origine de la matière, mais ce qu’elle devient en fin de vie. On va chercher des polymères qui sont tous biodégradables en conditions normales de compost. La technologie TIPA c’est donc un assemblage de polymères bio sourcés et d’origine fossile, mais tous biodégradables.

https://leshorizons.net

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